23.04.2007

APPEL A NOS EVEQUES

Vous avez été quelques uns à porter haut et fort la parole de l'Evangile et à rappeler qu'au coeur de tout projet politique il y l'homme, son éminente dignité, créé à l'image de Dieu, l'homme à qui la société est ordonnée, l'homme au centre. Vous avez rappelé qu'il n'était pas possible de fonder une société sur la culture de mort, sur l'élimination des plus faibles, sur le massacre des innocents dans le sein de leur mère, sur la destruction programmée de la famille naturelle, sur les restrictions au droit des parents d'élever leurs enfants comme ils le souhaitent. Vous avez répété, après Jean-Paul II et Benoît XVI, qu'il n'était jamais permis de donner sa voix à un candidat dont la position personnelle était connue en faveur des graves atteintes à la vie : avortement et euthanasie.

Le second tour de l'élection présidentielle oppose deux candidats qui proposent, à des degrés différents et avec des nuances, de perservérer dans la direction prise depuis quelques années : Contrat d'union civique ou Mariage homosexuel. Absence de remise en question de la loi Veil et refus de mettre en oeuvre les mesures destinées à limiter le nombre d'avortement. Loi Vincent Humbert ou propos très ambigus sur la fin de vie. Resserrement du carcan imposé à l'Ecole libre. La cohérence et la fidélité nous imposent un rejet clair et net de ces propositions. Aucun catholique ne peut, au nom d'un "moindre mal" hypocrite, cautionner un candidat qui ne prendrait pas clairement position sur les sujets fondamentaux dont dépend l'avenir d'une société, par la regard qu'elle porte sur ses enfants.

C'est pour cela que vous, nos évêques, devez ensemble, avec courage et force, appeler à voter blanc. Pour que les Français prennent conscience qu'il existe des limites au débat politique, qu'il existe une loi plus forte que la loi positive, que tout ce qui touche à l'humanité de chacun oblige à opposer un non possumus net et tranché.

Relayons cette proposition, envoyons là à nos évêques, au nonce, à nos prêtres, à nos familles et amis !

30.03.2007

VOTER EN CONSCIENCE

Voici le texte d'une bonne interview du Frère Jean-Miguel GARRIGUES parue dans Famille Chrétienne.

 A lire et à méditer...

 

Voter en conscience 

 

"Pacte présidentiel" de Ségolène Royal ou "pacte républicain" de Nicolas Sarkozy, les candidats à la présidentielle commencent à sortir du bois avec leurs programmes. Dans ces catalogues de propositions quels sont les critères qui obligent en conscience un catholique ? Le père Garrigues répond avec le recul du théologien, mais sans langue de bois. Propos recueillis par Samuel Pruvot. 

Face à une échéance politique aussi déterminante que la présidentielle, les catholiques peuvent-ils se contenter de viser le moindre mal ?

La politique est, par définition, l'art du meilleur possible. Le chrétien sait que notre humanité est blessée par le péché. Il ne doit donc pas viser le paradis sur terre et doit tolérer le moindre mal ! La loi positive d'un état est toujours imparfaite à quelque degré  ; elle tend de manière asymptotique, sans jamais l'épouser parfaitement, vers la loi naturelle , laquelle reste comme telle non écrite, non codifiable. C'est pourquoi l'Eglise a développé la doctrine de la "tolérance" : l'Etat doit renoncer à réprimer tout le mal de la société pour éviter un mal pire encore... C'est paradoxal, mais la justice poussée à bout en ce monde-ci conduit à la suprême injustice. La tentation totalitaire consite justement à vouloir extirper radicalement le mal. Saint Louis a légiféré sur les maisons de tolérance dans l'idée qu'une répression drastique de la prostitution aurait des conséquences plus fâcheuses encore. De même, l'Eglise a toléré l'esclavage, le servage, les guerres féodales ou l'immoralité des rois sans jamais les approuver pour autant. La tolérance au nom du moinrde aml ne doit pas signifier permissivité.

Pour autant, est-il possible de tout tolérer dans les programmes des candidats ?

La Note  du cardinal Ratzinger sur l'engagement des chrétiens en politique (1) répond évidement par la négative. Une conscience chrétienne , affirme-t-elle, ne peut "favoriser par son vote la mise en acte d'une loi ou d'un programme politique, dans lequel les contenus fondamentaux de la foi et de la morale sont détruits". Il y a des exigences éthiques fondamentales auxquelles on ne peut renoncer. La Note donne comme exemples, outre l'avortement et l'euthanasie, les menaces contre la famille fondée sur le mariage monogame entre personnes de sexe différent.

Au final, il reste très peu de candidats compatibles ?

Il faut revenir à la question du moindre mal. Quand une loi comme celle autorisant l'avortement est déjà en vigueur, la Note à la suite de l'encyclique Evangelium vitae permet d'apporter son soutien à des propositions législatives encore moralement imparfaites, mais susceptibles d'en limiter de quelque manière la nocivité morale. Les catholiques français peuvent voter pour un programme électoral si celui-ci n'aggrave pas, mais au contraire atténue en quelque domaine, les atteintes à la personne humaine que comporte la législation actuellement en vigueur . A condition, bien sûr, qu'il n'introduise pas par ailleurs de nouvelles atteintes à la personne humaine dans d'autres domaines que celui de la vie. Le vote catholique ne peut se déterminer en fonction d'un aspect isolé de la doctrine sociale, si important soit-il. Il existe d'autres principes moraux incontournables, comme la liberté religieuse, la liberté d'éducation des enfants ou l'économie au service de la personne et du bien commun.

Le choix du prochain président sera-t-il forcément un dilemme ?

Cela pourrait bien être le cas au second tour. Les catholiques risquent de se trouver devant des exigences éthiques aux conséquences redoutables. Aujourd'hui, on constate déjà de graves divergences entre la législation en vigueur et certains principes éthiques non négociables. Il appartiendra à chacun d'apprécier, en prudence, si le programme de l'un des deux candidats en lice est susceptible d'améliorer quelque peu la situation. C'est dans l'appréciation de ce moindre mal que sera engagée la responsabilité morale de l'électeur. On peut voter pour un programme moralement imparfait, mais seulement à condition que celui-ci atténue de quelque manière les imperfections éthiques de la législation actuelle. Si tel n'est pas le cas, la Note ne permet pas de voter pour lui seulement parce qu'il semble moralement moins nocif que l'autre, ou parce qu'il ne comporte pas comme celui-ci d'autres menaces, par exemple sur l'éducation. En somme, la Note ne permet de choisir le moindre mal que dans une dynamique de redressement éthique par rapport à la situation présente. Si ce n'est pas le cas, elle laisse les catholiques devant une objection de conscience électorale.

Les laïcs chrétiens sont-ils seuls face à leur conscience ?

Il faut reconnaître que nous ne sommes pas très aidés par nos pasteurs. Les évêques français ont accueilli dans un profond silence la Note de la Congrégation pour la doctrine de la foi et ils ne nous ont donné depuis aucune lumière sur son application au cas français. De Rome même n'est encore venu aucun éclairage pastoral. Sans doute ce silence est-il - une fois encore - conditionné par la crainte de donner des consignes de « votecatholique » par intérêt confessionnel, ce que la Note récuse par avance pour ce cas d'objection de conscience morale. Toutefois, il y a sans doute un frémissement. La réaction des évêques lors du dernier Téléthon annonce comme un début de changement d'attitude, bien que certains aient affirmé hautement qu'il ne pouvait pas s'agir d'un boycott conditionnel.

Un sursaut des catholiques pourrait-il changer la donne de la présidentielle ?

Oui, si nous étions plus cohérents. Je ne parle pas d'un vote catholique pour défendre nos petits avantages confessionnels (légitimes par ailleurs) mais d'un témoignage éthique. On pourrait imaginer une sorte de résistance spirituelle. L'histoire fourmille d'exemples de résistance passive. Voyez le courage d'un Karl Barth et de l'Eglise évangélique confessante au temps du nazisme. Un tel propos n'est pas utopique. Au moment d'élections présidentielles , qui, dans les démocraties modernes, se jouent le plus souvent dans un mouchoir, la menace d'abstention d'une petite partie de l'électorat peut faire réfléchir les candidats. A condition, je le répète, que la communauté catholique soit cohérente et qu'elle sache se faire entendre…

Résistance spirituelle, cela veut dire désengagement au niveau pratique ?

Qui dira que Gandhi se dégageait du politique en appelant les indiens à la résistance passive ? Le Magistère va dans le même sens. Lorsqu'une société perd de vue les principes éthiques qui la fondent, l'engagement politique primordial passe par l'objection de conscience et le refus de collaborer personnellement avec le mal moral. Ni compromis, ni désengagement, voilà les deux écueils à éviter selon la Note Ratzinger : « Quand l'action politique se confronte avec des principes moraux qui ne permettent pas de dérogation, d'exception, ni aucun compromis, alors l'engagement politique des catholiques devient plus évident et chargé de responsabilités ». Notre volonté de servir le bien commun ne peut exclure en certains cas la résistance passive. Nous ne pouvons pas plier le genou devant Baal.

L'élection présidentielle est-elle un combat entre le bien et le mal ?

En tout cas elle ne peut être soustraite au discernement éthique de la conscience . Par delà les prochaines échéances électorales, les catholiques ont le devoir de s'investir dans le champ du politique. C'est particulièrement vrai dans le domaine de la bioéthique. Pensons qu'en Angleterre on est en train de fabriquer, sans que les pouvoirs publics l'empêchent, des chimères c'est-à-dire des monstres génétiques combinant des éléments du patrimoine humain et du patrimoine animal.

Mais nous ne sommes plus au temps de Thomas More ?

Cela n'est pas si sûr, même si les modalités historiques ont changé . Si Henri VIII s'était contenté de commettre des exactions contre l'Eglise d'Angleterre, Thomas More n'aurait pas réagi. Cela se faisait partout, les rois s'emparaient souvent de biens ecclésiastiques... Mais il a été acculé au martyre le jour où le roi a voulu légitimer son abus sur un principe intolérable : en s'érigeant chef de l'Eglise d'Angleterre . Sur celui-ci Thomas More ne pouvait plus transiger. Il s'agissait d'un principe non négociable plus précieux que sa propre vie. De même aujourd'hui le Magistère nous prévient que, face à un relativisme éthique proposé comme principe de la démocratie, la tolérance du moindre mal ne peut pas impliquer la compromission des catholiques avec la démission éthique. Comme à d'autres moments dramatiques de l'histoire contemporaine, l'Eglise intervient au nom de la foi, qui exige la primauté du spirituel et du témoignage chrétien, pour rappeler aux catholiques le devoir d'être cohérents avec leur conscience. Si les principes moraux qui fondent la société sont menacés, le chrétien se doit d'y opposer un Non possumus

07.02.2007

Sarkozy, Vanneste, la droite, enfin, pour qui voter ?..

En complément des notes relatives à Messieurs Vanneste et Sarkozy, ainsi qu'à celle intitulée "Chrétiens, pour qui voter", l'excellente analyse de Jacques Trémolet de Villers à lire ici, via le site de Chrétienté Info.

25.01.2007

CHRETIENS : POUR QUI VOTER ?


A quel candidat le chrétien doit-il donner sa voix lors des élections présidentielles ? La question est déterminante, parce que les catholiques n’ont pas le droit de se désintéresser de la vie publique, et qu’ils ont même l’obligation impérieuse d’agir dans la cité pour la promotion du bien commun.

Pour répondre à cette question, il faut tout d’abord se souvenir que la foi du chrétien ne peut jamais s’incliner devant des considérations extérieures, et qu’il doit mettre sa foi en adéquation avec ses actes. Tout en respectant le principe évangélique de distinction des ordres temporel et spirituel, prôné par le Christ lui-même, il doit subordonner ses actes aux exigences évangéliques. Sinon il n’est pas chrétien ! A cet égard, il est impossible de cloisonner ses convictions d’un côté, son action publique de l’autre, et de considérer que la foi est une affaire privée qui n’a pas à interférer dans le domaine public. Les hommes politiques qui agissent de cette manière ne sont pas cohérents avec eux-mêmes. Aller à la messe tous les dimanche et ignorer superbement les exigences de sa foi en semaine est une contradiction qui contribue à l’image déformée que les chrétiens ont souvent dans le monde : faites ce que je dis, pas ce que je fais…

En second lieu, il faut se souvenir que pour le chrétien, la loi civile est nécessairement subordonnée à la loi morale. Elle doit s’en inspirer et, dans les grands principes d’action politique, ne jamais la contredire. Pour illustrer ceci, on peut simplement penser à la notion d’inceste : serait-il admissible que, demain, la loi civile l’autorise ? Il est fort probable que la majorité de la population se dresserait contre cette absurdité, parce que la loi morale qui prohibe l’inceste est inscrite dans le cœur de l’humanité, qu’elle ressortit à la notion même de personne humaine. Pourtant, dans la conception relativiste qui prévaut dans toutes les démocraties libérales, une telle loi serait possible, parce que le législateur se place résolument au sommet de l’édifice juridique et ne reconnaît que sa propre volonté pour édicter les normes régissant la société. Les propos de Monsieur Chirac, qui affirmait il y a quelques années qu’aucune loi morale n’était au dessus des lois de la république sont à ce titre révélateurs, et inadmissibles.

Enfin, la société est ordonnée au développement intégral de la personne humaine par le bien commun qu’elle doit promouvoir, en respectant les droits fondamentaux de la personne qui sont inhérents à son humanité. Droits qui ne procèdent pas de la volonté de l’homme, au contraire de ce qu’affirme la déclaration de 1789, mais de sa nature même, ce qui est notoirement différent.

A partir de ces principes généraux, on peut tenter de répondre à la question posée. Il est possible d’éliminer d’emblée deux grands catégories, ce qui tend à réduire sensiblement l ‘éventail politique.

Les candidats qui se réclament du marxisme ou du socialisme matérialiste tout d’abord. Avant toute chose parce que l’idéologie marxiste qui imprègne certains d’entre aux (communistes, trotskystes) de manière consciente, ou de manière dérivée (verts, socialistes, radicaux socialistes) est fondamentalement et définitivement incompatible avec les exigences anthropologiques que tout chrétien digne de ce nom doit défendre. Relativisme philosophique, vérité à géométrie variable, matérialisme historique sont des notions qu’un chrétien ne peut pas accepter, et participe de ce que le Pape Pie XI appelait l’intrinsèquement pervers. Ne nous y trompons pas ! Cette condamnation n’était pas de circonstance, elle ne s’adressait pas spécialement au stalinisme des années 30. Elle était fondée sur l’analyse philosophique du marxisme, et n’a jamais été remise en question depuis, bien au contraire. Que le Concile Vatican II n’en ait pas parlé n’y change rien ! L’Eglise ne se réduit pas au Concile, et le Pape Jean-Paul II a sévèrement condamné un système de pensée qui réduit l’homme à un animal social.

En ce qui concerne les socialistes, nombre d’entre eux sont non seulement chrétiens, mais encore non-marxistes. Ce qui sous tend leur engagement est un caractère généreux, une volonté d’aider les plus faibles, ce que l’Eglise appelle l’option préférentielle pour les plus pauvres. Il ne faut pas hésiter à considérer qu’ils sont dans l’erreur. Non parce que leur parti prend des positions contraires au bien de l’humanité dans son ensemble (notamment en ce qui concerne la politique de la vie), mais surtout parce que l’option préférentielle pour les pauvres ne peut se concevoir que dans la charité, c’est à dire pour nous chrétiens, dans l’amour du Christ au travers de l’amour de l’autre. En aucun cas il n’est possible de poursuivre cet objectif fort louable en apparence (beaucoup s’y sont laissé prendre, les fameux compagnons de route par exemple) par les moyens proposés : lutte des classes insidieuse (le terme a disparu mais la réalité demeure), déresponsabilisation généralisée, accent mis sur le matériel de manière exclusive. Les aides apportées par le Secours Populaire sont sans aucune doute aussi utiles et nourrissantes pour le corps des déshérités que celles du Secours Catholique. Mais quelle est la vision de l’homme qui sous-tend l’action ? La nôtre, et c’est essentiel, c’est la fraternité à l’égard de notre égal en dignité, créé à l’image de Dieu. Ce n’est pas un point secondaire. Aucune œuvre de charité (de solidarité…) n’est utile si elle n’est pas fondamentalement animée par l’amour. Il faut mettre nos amis chrétiens et socialistes en face de cette évidence. Ils ont tout loisir, s’ils rejettent (à juste titre) une vision de la société exclusivement mercantile et matérialiste, s’ils déplorent les abus de l’économie de marché, de former un groupe distinct qui leur permettra d’être en accord avec leurs convictions profondes et d’éviter la contradiction qu’ils portent en eux par l’appartenance à un parti politique dont l’idéologie est frontalement opposée à la notion évangélique de charité.

Les candidats non marxistes, non socialistes, c’est à dire pour simplifier, du centre ou de droite, méritent une analyse attentive également. Historiquement la droite française, au contraire de la gauche, a toujours été désunie : le fond idéologique de la gauche (le marxisme plus ou moins édulcoré) fait son unité sur les projets fondamentaux, ce qui explique (en partie) les alliances naturelles entre socialistes et communistes. A droite, rien de tel, au contraire on trouve une grande hétérogénéité.
Quoi de commun entre les chrétiens démocrates issus du MRP et au delà, du Sillon, les gaullistes (issus du bonapartisme, de toutes chapelles), les libéraux (issus de l’orléanisme), les souverainistes, les traditionnalistes, etc ? Les lignes de clivage sont nombreuses et s’entrecroisent au sein même des partis, dont l’UMP est la plus vivante expression. Souveraineté nationale contre européisme, ultralibéralisme contre interventionnisme tempéré, républicains contre monarchistes (il en reste), laïcistes contre catholiques, sans compter les domaines essentiels à nos yeux que constituent la famille et le respect de la personne humaine. Quel rapport entre Madame Boutin et Madame Bachelot, toutes deux membres de l’UMP ? Entre Monsieur Vanneste et Monsieur Romero, du même parti ? Entre Monsieur de Villiers et Monsieur Rossinot ? Tous sont classés à droite, dans un formidable bric-à-brac idéologique. A tel point que leur plus petit dénominateur commun se réduit à la non appartenance au marxisme (ou au socialisme), et leur soutien à l’économie de marché, prise en tant que principe économique de base. Se dire de droite, c’est se définir par une négation : ne pas être de gauche ! C’est bien court, et il convient de préciser à quelle famille on appartient.

Ces candidats, pour répondre au critère que nous avons posé au début de cette note, se caractérisent au moins par une attitude face à aux questions fondamentales que nous leur posons : quelle philosophie, quelle anthropologie les anime ? Le reste est contingent, en dépit de son importance. La question européenne est d’une importance déterminante pour l’avenir de notre pays, mais elle reste inférieure à celle de la vie humaine. Que vous soyez fédéraliste ou souverainiste est secondaire par rapport à votre position sur la place centrale de l’homme dans la société, qui lui est ordonnée dans la recherche du bien commun.

La philosophie relativiste imprègne la quasi totalité des candidats de gauche comme de droite. La lecture du discours de Monsieur Sarkozy en est un bel exemple. Pour ces politiciens, il n’existe pas de loi supérieure à la loi positive issue de la volonté du législateur, ce qui signifie que toutes les dérives sont possibles dès lors qu’elles sont légitimées, légales. Ce point de vue est inacceptable, car il conduit à un double résultat. D’une part, l’homme est considéré comme un individu, dont les liens sociaux, amicaux, familiaux, religieux ou professionnels sont rejetés dans le domaine de la vie privée. Conséquence logique d’un système qui refuse la notion même de vérité absolue et qui doit, pour survivre, se cantonner dans une stricte neutralité à peine de renier ses propres fondements. D’autre part, le risque de totalitarisme est bien réel : c’est parce que l’action politique a été déconnectée de la réalité, pour ne plus de fonder que sur les idées, que les tyrannies communiste et nazie ont pu prospérer. La tyrannie du politique correct en est une illustration différente, parce qu’elle ne s’en prend pas aux personnes dans leur intégrité corporelle, mais elle aboutit à un totalitarisme intellectuel qui étouffe la pensée et son expression.

Cette philosophie, le chrétien ne peut que la rejeter : elle est en opposition absolue avec le cœur de sa foi, c’est à dire de sa vie, soit la révélation de la vérité par la Christ lui-même. Que cette révélation relève du domaine de la foi ne change pas la nécessité d’affirmer qu’il existe une vérité, et que sans prétendre la détenir, l’idée qu’aucune vérité n’est absolue est une aporie.

Une autre exigence absolue du chrétien dans la cité est la notion de destination universelle des biens, qui lui fait rejeter l’ultralibéralisme égoïste tout autant que le marxisme. Aucune société ne peut être durablement fondée sur les seules notions de consommation et de production, qui en sont que des outils économiques, certes indispensables, mais relevant du domaine de moyens et non de celui des fins. Or, la société occidentale est marquée en profondeur par le consumérisme, l’économisme, au détriment de l’essentiel, c’est à dire l’humanité. Cette idée est développée constamment par les papes depuis Léon XIII jusqu’à Benoît XVI, elle est au cœur de la doctrine sociale de l’Eglise que le catholique doit connaître, diffuser et proposer l’application.

Les programmes électoraux des candidats comportent tous des propositions avec lesquelles chacun pourra être d’accord, au moins en partie, y compris à gauche. Respecter l’environnement, assurer plus de liberté aux acteurs économiques créateurs de richesse, permettre une plus juste répartition des richesses surtout envers les plus défavorisés, remettre à l’honneur la notion de responsabilité personnelle, défendre le sentiment national, respecter la vie sous toutes ses formes, proposer un système éducatif performant, maîtriser l’immigration, développer avec nos voisins des relations de confiance et d’échange, toutes propositions qui se retrouvent dans nombre de professions de foi. Alors que choisir ?

S’attacher à l’essentiel. Le candidat est il favorable à la mise en place d’une politique d’accueil et de respect de toute vie humaine ? Est il favorable au respect des valeurs fondamentales de l’homme vivant en société : en premier lieu la famille, cellule de base du corps social ? Est il respectueux de la notion de liberté authentique, pas celle qui consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui, mais celle qui permet à l’homme d’ épanouir pleinement sa vocation naturelle d’enfant de Dieu ?

La réponse est difficile, parce que l’éventail des possibilités est très réduit. Le reste, la personnalité du candidat, ses idées sur tel ou tel point contingent, ne doit entrer en ligne de compte qu’après la réponse à ces questions essentielles.

Une chose paraît certaine : ni Monsieur Bayrou, ni Monsieur Sarkozy ne sont éligibles par les catholiques. Ils ne peuvent l’être que par défaut, pour éviter une politique pire que celles qu’ils mettraient eux-mêmes en œuvre. Mais sur ces questions fondamentales, leur position est connue : relativistes, ils ne peuvent pas mener notre pays dans la seule voie qui devrait être suivie, celle d’une société qui considère, dans le respect des personnes et de leur diversité, la place première, absolue et éminente de l’homme dans l’action politique.








18.01.2007

Nicolas Sarkozy, le pire et le meilleur...

medium_nicolas_sarkozy_francais.jpgLe discours d’investiture de Nicolas SARKOZY, devant les militants de l’UMP le 14 janvier 2007 est un monument d’éloquence. Monsieur SARKOZY est avocat, cela se voit, cela s’entend ! La construction est remarquable, les périodes bien balancées, les références soigneusement dosées. Mais surtout le discours a du souffle, de l’ambition, de l’énergie, de quoi rassembler, de quoi se faire acclamer par des militants acquis d’avance à sa cause. La PS ne s’y est pas trompé, en accusant le coup.

Nicolas SARKOZY a l’étoffe d’un homme d’Etat. Cela n’exclut pas une démagogie inquiétante de la part d’un candidat qui mêle dans son discours le meilleur et le pire. Mais dès lors qu’il est raisonnable de penser qu’il sera présent au second tour, et que tous ceux qui excluront formellement de voter pour Ségolène ROYAL se résoudront à lui donner leur suffrage, il est intéressant de se pencher sur le détail de ce texte où se trouvent le meilleur comme le pire !

Le meilleur est, pour l’essentiel, dans l’affirmation très nette de principes de pur bon sens, oubliés ou ostracisés depuis des années en vertu du vieux principe révolutionnaire « Pas d’ennemis à gauche ». Lorsque Monsieur SARKOZY évoque l’espérance portée par le martyre des moines de Thiberrine, lorsqu’il invoque les deux mille ans de chrétienté qui ont forgé la France, lorsqu’il affirme « Ma France, c’est le pays qui a fait la synthèse entre l’Ancien Régime et la Révolution, entre l’Etat capétien et l’Etat républicain, qui a inventé la laïcité pour faire vivre ensemble ceux qui croient au Ciel et ceux qui n’y croient pas. Ma France, c’est le pays qui, entre le drapeau blanc et le drapeau rouge a choisi le drapeau tricolore, en a fait le drapeau de la liberté et l’a couvert de gloire. Ma France, c’est celle de tous les Français sans exception. C’est la France de Saint-Louis et celle de Carnot, celle des croisades et de Valmy. Celle de Pascal et de Voltaire. Celles des cathédrales et de l’Encyclopédie. Celle d’Henri IV et de l’Edit de Nantes. Celle des droits de l’homme et de la liberté de conscience. » on applaudit à deux mains : notre histoire est indivisible, avec ses ombres et ses lumières, nous devons l’assumer ensemble et en faire notre socle commun.

Lorsqu’il condamne la société de l’assistanat généralisé, les entraves à la liberté du travail, le conservatisme des syndicats figés dans leurs privilèges, la culture des droits à tout et n’importe quoi, le refus de certains immigrés d’accepter les règles élémentaires de notre vie nationale, on fait chorus ! Bravo Monsieur SARKOZY ! Pour un peu on voterait pour vous sans hésiter.

Lorsqu’il appelle à la responsabilité individuelle, propose de supprimer les aides publiques à tous ceux qui ne font rien pour sortir d’une logique d’assistance, souhaite faire sauter les carcans qui enferment les entreprises, les familles, les salariés, que répondre à ces propositions évidemment excellentes ?

Hélas, le pire est également présent, dans une égalité parfaite avec le meilleur ! En premier lieu, l’invocation de personnalités éminemment contestables, telles que Danton (sic !) ou Simone Veil, saluée au nom de son courage face au drame de 300 .000 avortements clandestins par an ! Où Monsieur le Ministre de l’Intérieur va-t-il chercher ses chiffres ?

Le pire dans l’incantation superstitieuse de la République, qui n’est qu’un régime politique et ne sera jamais une réalité charnelle comme l’est la France. Le mot revient des dizaines de fois, comme s’il fallait pour se faire pardonner d’être à droite se montrer à chaque phrase républicain. Que je sache, il n’existe plus en France de débat institutionnel sur le forme républicaine de la constitution. Qu’il puisse être légitime (bien qu’interdit) est une chose, qu’il ait lieu est une vue de l’esprit. Pourquoi, dès lors, substituer le mot "républicain" à toutes les autres expressions, à commencer par la plus simple : la France ?!

Le pire encore dans une analyse gravement erronée : « Notre modèle républicain est en crise. Cette crise est avant tout morale. Au cœur de celle-ci il y a la dévalorisation du travail. » Non Monsieur SARKOZY ! Au cœur de la crise, il y a la déshumanisation de l’homme, qui n’est plus considéré comme le sujet, le fondement et la fin de toute vie sociale ! Le travail est une valeur essentielle, mais elle est subordonnée à l’accomplissement de la vocation de l’homme. Là réside le drame de l’action politique contemporaine : le relativisme philosophique imprègne si profondément notre société qu’il devient impossible, quelles que soient les convictions personnelles des candidats (Bayrou le catholique pratiquant, Le Pen le catholique traditionnaliste, à l’exception peut-être de Villiers…), de proclamer publiquement qu’il existe une vérité sur l’homme, qu’il existe une loi naturelle inscrite au cœur de l’humanité, qui n’est pas spécifiquement chrétienne mais qui procède de la nature même de la personne humaine !

Voilà pourquoi, essentiellement, Monsieur SARKOZY ne peut pas emporter les suffrages de ceux qui croient fermement à la permanence d’une nature humaine, de vérités intangibles, d’une loi morale supérieure à la loi civile. Il peut être élu par défaut, pour éviter une politique qui comporterait les mêmes erreurs et en ajouterait d’autres, pour barrer la route à une candidate socialiste dont les discours et les amis font frémir, mais sur le fond, rien ne changera.

Enfin, quelles que soient les excellentes idées de Nicolas SARKOZY sur certains points, le scepticisme est de mise pour une simple raison : en France, c’est le parlement (en théorie) et les groupes de pression, syndicats et lobbies (en pratique) qui légifèrent ! Et le singulier manque de courage des parlementaires UMP durant cette dernière législative laisse mal augurer de réforme profondes. N’est ce pas par là, dans une perspective d’efficacité de l’action politique, qu’il faudrait commencer ? Mais le candidat qui s’y risquera mesure-t-il le risque considérable qu’il prendra, de la grève générale « dure » aux émeutes sanglantes ? Allons, un peu de réalisme est bien nécessaire en cette année électorale, n’en déplaise aux rêveurs de tout poil !

19.12.2006

Les élucubrations de Monsieur Hollande

medium_imagesCAPSBOJD.jpgDans un entretien accordé au Monde du 19 décembre, François Hollande affirme sans complexe "Nous reviendrons sur toutes les baisses d'impôts sur le revenu qui ont été accordées sur les tranches supérieures du barême."

Une fois encore, le problème de la fiscalité, et au delà des comptes de la nation, est abordé au travers du prisme idéologique, alors qu'une saine attitude serait celle de l'empirisme, du pragmatisme, face à la réalité des faits.

On lit d'ailleurs avec surprise que "Il faudra d'abord  leur [aux français]dire la vérité sur les comptes sociaux de demain et d'après demain".  Dire la vérité, c'est exprimer une pensée en adéquation avec ce que sont les choses dans leur réalité, et le moins que l'on puisse dire c'est que sur ce point, Monsieur Hollande pas plus que ses confrères de tous bords n'a de leçons à donner à quiconque !

Vérité d'ores et déjà falsifiée, lorsqu'au sujet des retraites le premier secrétaire du PS affirme "Nous n'avons pas la même situation démographique que les Allemands. Notre taux de fécondité permet de renouvellement des générations et le solde migratoire des dernières années a contribué au rajeunissement de la population".

La réalité des faits est pourtant fort simple : Tout prélèvement sur le fruit du travail des Français doit être justifié par une utilisation conforme au bien commun, et au delà, un tel prélèvement devient spoliateur ! Lorsque l'Etat dépense notre argent pour assurer ses missions régaliennes (justice, défense, aménagement du territoire, fonctionnement de ses services généraux) il ne doit le faire que conformément à des principes de saine gestion, et avec l'assurance que la dépense est conforme à l'intérêt de tous. Or, depuis des dizaines d'années, les prélèvements obligatoires ne cessent d'augmenter pour financer en premier lieu la charge écrasante de la dette publique, en second lieu le maintien d'avantages acquis qui ne sont plus guère justifiés et en tout cas en décalage flagrant avec la réalité économique !

Face à un déficit abyssal (18.000 € par habitant, vieillards et nourrissons compris), deux attitudes sont possibles : la course en avant, pour tenter de rattraper le déficit, qui mène droit dans mur, ou la réforme profonde et courageuse de l'Etat dont les frais de fonctionnement deviennent insupportables et le font vivre au dessus de ses moyens. Un père de famille ne dirait pas autre chose, à peine de sombrer dans le surendettement. Pourquoi en irait-il différemment de l'Etat ?

Deux catégories de dépenses sont à revoir en profondeur :

- les dépenses de fonctionnement : chaque rapport parlementaire, chaque rapport de la Cour des Comptes pointe systématiquement le nombre beaucoup trop élevé de fonctionnaires et d'agents publics. Les progrès des la productivité, l'informatisation généralisée, le développement de l'e-administration rendent possible une réduction drastique des effectifs publics. Il en va de même pour les innombrables commissions, hautes autorités, observatoires, délégations, etc. à l'utilité douteuse et aux coûts de fonctionnement pharaoniques. La réalité, c'est qu'il est nécessaire de mettre en oeuvre une cure d'amaigrissement de la fonction publique, qui passera nécessairement par un redéploiement des fonctionnaires en activité, tant sur le plan de leurs attributions que sur le plan géographique. Avec, à la clé, une fronde syndicale immédiate et généralisée... Cela on le sait, mais est-ce une raison pour abandonner le combat avant même de l'engager ? Qui gouverne ? Les syndicats conservateurs ou les élus du peuple ?

- Les dépenses sociales, avec en premier lieu les retraites ! La réforme Fillon a soigneusement évité de toucher aux régimes spéciaux et à celui des fonctionnaires. C'est pourtant un problème central, puisque la génération des baby-boomers cesse progressivement son activité et que le poids des retraites publiques (SNCF et EDF incluses) va devenir tel que des décisions dramatiques sont à prévoir : le pire reste à venir ! Mais aucun homme politique, pourtant informé avec précision de la situation, n'a le courage de le dire. En second lieu l'aide sociale, puits sans fond avec une augmentation massive des charges de solidarité. Solidarité génératrice de fraudes et d'abus innombrables, et de surcroît profondément injuste, puisqu'il est souvent préférable de ne pas travailler que de toucher un Smic qui supprime une large partie des aides. Ne parlons pas de la sécurité sociale, mythe républicain dont l'implosion prévisible n'amène aucune réaction de nos élus...

Face à cela, foin des idéologies ! D'abord dire la vérité aux Français, en profitant des débats électoraux en cours et de la période post-électorale. Ensuite proposer avec vigueur et détermination un vaste programme de reconstruction sociale : natalité, promotion de la famille comme composante économique et sociale centrale de la société, réduction draconienne des dépenses publiques, responsabilité et respect de l'Etat.

Mesdames et messieurs les candidats, nous vous attendons sur ce terrain !

Une réflexion intéressante de Patrice de Plunkett

En lien avec la note "A propos des élections", une note intéressante de Patrice de Plunkett sur son blog.

 

A consulter ici.

17.12.2006

DE NOUVEAUX MARTYRS ?

Connaîtrons nous de nouveau des martyrs ? Certains d’entre nous, de nos enfants ou de nos petits enfants, seront-ils persécutés pour leur foi ? Pour ce qu’ils ont reçu, vécu, transmis ? Pour ce qu’ils sont ?

La société a mis le cap, depuis quelques dizaines d’années, sur l’individualisme intégral. Le moi, rien que le moi. Au fur et à mesure de sa progression vers ce cap, elle se débarrasse de tout ce qui l’empêche d’accéder à ce but ultime, de tout ce qui s’oppose au culte de la jouissance immédiate, de toutes les entraves à la réalisation immédiate des aspirations de l’individu. Comme si l’homme était réduit à ses pulsions. Pulsion de consommer, encore et toujours. Pulsion de jouir de son corps, réduit à l’état d’objet. Pulsion d’exister pour soi uniquement, sans avoir égard  à l’autre, à la présence de l’autre, à sa différence, à son existence même. Rien ne doit gêner l’assouvissement des envies individuelles, rien ne doit entraver cette marche inexorable vers un gouffre.

Pour atteindre ce but, une arme puissante a été inventée : la revendication des droits individuels. Dans la doctrine classique, un droit était une créance de la personne sur la société, ordonnée au bien de tous, afin de permettre le plein épanouissement de la personne dans toutes ses composantes. Désormais, les droits de l’individu priment sur les droits de l’homme. L’individu est vu pour lui même, et non comme membre d’une communauté qui l’intègre et qu’il contribue à constituer. Seul l’individu compte. La société lui doit compte de tout ce qui pourrait l’empêcher d’exister pour lui seul, de tout ce qui pourrait l’obliger à être autre chose qu’un atome, isolé et autosuffisant. L’individu n’est plus membre d’un ensemble qui le dépasse, il est. Point final.

Dès lors, rien ne justifie que l’individu ne jouisse pas de tous les droits qui lui semblent nécessaires, puisque lui seul en est juge. Rien ne peut prévaloir sur l’exercice de sa liberté totale et absolue, déconnectée de toute notion de bien commun. Il revendique tout ce qui lui passe par la tête, pourvu –pense-t-il- que cela ne nuise pas aux autres. Avant-hier le droit de tuer un enfant dans le sein de sa mère, hier celui d’en concevoir un à tout prix puis d’abandonner les autres (qui répondent au joli nom de surnuméraires) dépourvus de « projet parental ». Aujourd’hui le droit de tuer le vieillard grabataire par « compassion », ou d’épouser un individu du même sexe. Demain le droit d’épouser son chien ou sa perruche, promus sujets de droit…

Qui s’y opposera ? Qui aura la force de persuasion nécessaire pour contrer l’argument massif, incontournable, celui de la tolérance ? Qui se risquera à dire que le navire court droit à sa perte, qu’il coulera corps et biens irrémédiablement ? Qui proclamera la nécessité de revenir au bon sens, qu’à force de marcher sur la tête on finit par oublier ? Qui saura reprendre l’initiative intellectuelle, car c’est avant tout d’un combat intellectuel qu’il s’agit, pour agir sur les esprits, sur les intelligences déformées par des décennies de lavage de cerveau ?

Les catholiques. Des catholiques. Pas tous. Peut-être pas la majorité. Mais un petit nombre qui reprendra inlassablement le flambeau du courage. Qui travaillera à établir sur les ténèbres du matérialisme la lumière de la vérité. Qui sera calomnié, discrédité, moqué, tourné sans cesse en dérision. Puis qui sera condamné, en application de lois et de principes constitutionnels, au nom de la tolérance et de la lutte contre toute discrimination. Qui se verra reprocher intolérance et rejet de l’autre. Science-fiction ? Qui se souvient des poursuites engagées à l’encontre de ceux qui, pacifiquement, manifestaient par la prière leur miséricorde envers les femmes contraintes d’avorter ? La loi existe, elle est appliquée, et les délits qu’elle condamne sont exclus de la traditionnelle amnistie présidentielle. Il ne s’agit pas de science fiction mais d’une réalité actuelle.

Alors ceux-là seront poursuivis avec la rigueur de la loi, expression de la volonté générale. Puis ils seront condamnés. Et enfin, lorsque le système sera devenu totalement fou, ils seront persécutés dans leur chair, traqués dans leurs sanctuaires, battus dans la rue parce qu’ils se seront montrés tels qu’ils sont. Oui nous connaîtrons des martyrs. Il suffit d’ouvrir les yeux. Mais loin de désespérer, nous savons que le sang des martyrs est fécond. Nous savons que finalement le Christ a gagné, que son règne viendra. Nous savons aussi que nous n’avons pas le droit de nous résigner, d’attendre passivement les persécutions, et que nous devons tout faire pour que cela n’arrive pas. Et peut-être que nous serons suffisamment nombreux pour provoquer un sursaut salvateur qui évitera à notre monde de sombrer définitivement dans la folie. Prions et agissons, c’est notre honneur et notre joie !

A propos de Christian Vanneste : Liberté d'expression en danger !

Le député UMP Christian Vanneste a été jugé le 14 décembre 2006 par la Cour d’Appel de Douai pour injures homophobes. Rappelons que lors des débats préalables au vote de la loi du 30 décembre 2004 instituant la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations, il a déclaré que « l’homosexualité était inférieure à l’hétérosexualité » — une déclaration considérée comme une « injure à raison de l’orientation sexuelle ».

Les propos reprochés à Monsieur Vanneste sont strictement conformes à l’opinion d’une large partie de la population, mais également aux propos du Pape Benoît XVI ! Que les éditeurs habituels (Cerf, Mame, Bayard, Téqui, etc.) prennent gardent : ils sont susceptibles de poursuites pénales !

L’affaire est révélatrice du terrorisme intellectuel qui règne en France, et en Europe, depuis quelques années. Nous sommes bien entrés dans un ère de totalitarisme « mou » autrement plus dangereux que ceux du XXe siècle, parce qu’il se drape dans le voile de l’égalité, de la non discrimination ! Mais elle met en évidence la crise profonde que traverse notre société : aucune discussion ne peut plus avoir lieu sur un sujet désormais tabou. Analyser, proposer, débattre, sans injure et dans le respect de la personne, de l’homosexualité est désormais interdit. Il s’agit d’une atteinte extrêmement grave à la liberté d’expression, et au delà à la liberté de pensée.

Or, considérer que le comportement sexuel appartient à la sphère privée et qu’il ne doit donc pas être reconnu comme le fondement d’une identité de groupe protégée par la loi ne constitue, à aucun moment, une quelconque atteinte à la dignité des personnes homosexuelles, encore moins une injure !

Rappelons que la très libérale Commission nationale consultative des droits de l’homme avait rendu un avis défavorable à cette loi du 30 décembre 2004, en écrivant que l’affirmation de la nécessité de protéger les personnes contre tout acte « homophobe »consisterait à ériger l’orientation sexuelle en composante identitaire,…, et donc à segmenter la société française en communautés sexuelles ». On ne peut mieux dire !

Le procès en appel a été révélateur des interdits qui frappent désormais le débat public : alors que Monsieur Vanneste justifiait sa position par la philosophie qui sous tend toute action politique, l’avocat général lui a servi une argumentation de haute portée :"Nous ne sommes pas là pour discuter de la morale chrétienne. La philosophie ne se substitue pas à la loi qui évolue comme les mœurs. Pensez-vous que la pilule contraceptive ou l'IVG, désormais acceptées par les lois, menacent l'humanité ?"

Un tel événement appelle deux réflexions : d’une part, le primat de la loi civile sur la nature humaine est réaffirmé comme une valeur fondamentale de la république. D’autre part, la république n’échappe pas à un paradoxe dramatique : fondée depuis deux siècles sur le rejet de tout intermédiaire entre l’individu et la nation, elle ne cesse d’ériger en règle absolue la protection de minorités reconnues comme telles, par des lois en contradiction formelle avec son mythe fondateur ! Comment concilier cela avec la principe de laïcité, si souvent rabâché ces dernières années ? Quel maire « républicain » pourra en effet interdire dans sa commune l’aménagement des horaires d’ouverture des piscines pour les femmes musulmanes si, par ailleurs, la loi reconnaît à des minorités actives des droits spécifiques ?

Joli sujet de réflexion pour nos candidats !

A propos des élections.

medium_sarkosego.jpgDans moins de cinq mois les élections présidentielles seront un de ces moments mythiques de notre vie politique, avec leur cortège de déclarations, de promesses, de mises en scène, d’espoir et de déconvenues. C’est, tous les cinq ans désormais, une sorte de poussée d’adrénaline qui excite l’ensemble du corps social, une illusion – bien vite dissipée- de pouvoir peser sur le cours des évènements, de pouvoir « changer la vie » à l’aide d’un bulletin de vote. Puis l’été revenu, après la seconde poussée de fièvre des législatives, tout rentrera dans l’ordre.

Il nous a semblé intéressant d’aller plus loin dans la recherche d’un critère de choix, puisque chacun est amené à se prononcer, au delà des images et des slogans réducteurs, des paillettes de la campagne et des a priori.

La caractéristique principale de toute élection nationale était, dans l’intention des pères fondateurs de la Ve République, la rencontre entre un homme et le peuple. 50 ans, et 5 présidents plus tard, l’unique facteur de l’élection est l’image. Il ne se passe pas une journée sans que les deux favoris des journaux et des sondages, le couple maudit Ségo-Sarko, ne soit filmé, photographié, le plus souvent dans des conditions soigneusement déterminées à l’avance, sans que reportages et articles de presse nous « informent » généreusement sur leurs goûts, leurs familles, leur opinions et leurs petites phrases. De toute cela ressort une impression de malaise : le candidat n’est plus élu pour ce qu’il propose, mais pour ce qu’il paraît être. Mais, puisque les programmes électoraux sont faits pour être oubliés sitôt passé le scrutin, il serait tout aussi déraisonnable de s’y fier…

Les méfaits de la sur-médiatisation sont suffisamment évidents pour passer à l’autre question, principale celle-ci : connaître celui qui se présente à nos suffrages.

L’élément essentiel de détermination et de choix du candidat devrait être selon nous la philosophie qui sous tend son action. Avec une première question : met-il l’homme au centre d’un projet politique tout entier subordonné au bien commun ?

L’homme, pas l’individu livré à ses passions dont le seul but serait de satisfaire ses pulsions consuméristes. Quand l’action politique se réduit aux moyens d’augmenter le pouvoir d’achat, l’homme est rabaissé au niveau de l’animal-consommateur. L’homme, tout l’homme, dans ses composantes essentielles, corps et esprit. Mais quel homme ? Définir un projet pour l’homme nécessite une définition préalable de l’homme ! Quel candidat peut se prévaloir d’une solide réflexion sur le sujet, qui semble-t-il n’est pas abordé à l’ENA ? Alors que notre société à fait de l’individu le centre et la finalité de toute politique, la question n’est pas accessoire, loin de relever de divagations métaphysiques, elle est essentielle !

Qui, de Nicolas Sarkozy ou de Marie-Ségolène Royal, se distingue sur ce point ?

L’autre question, tout aussi centrale, est relative au problème des liens entre droit et démocratie. Selon la conception généralement répandue, le droit naît de la volonté populaire exprimée par ses représentants, à la majorité. Droit radicalement dépourvu de toute autorité supérieure. Monsieur Chirac ne déclarait-il pas il y a quelques années qu’aucune règle morale n’était au dessus des lois de la république ? L’idée, pour être parfaitement conforme au courant dominant depuis le Déclaration des droits de l’homme de 1789, n’en est pas moins dramatique, dès lors qu’elle réduit la loi à l’expression de la volonté du législateur, sans aucune référence à la nature même de l’homme, unique sujet de droit. Son absurdité saute aux yeux, par la simple évocation de l’interdit du meurtre ou de l’inceste ! Que le législateur vote demain la dépénalisation du meurtre ou des relations père-fille, et la chose deviendra légale, c’est à dire dans l’esprit du président Chirac, licite ? Le raisonnement par l’absurde appelle nécessairement une profonde réflexion dont l’aboutissement ne permet pas d’éluder la notion de nature humaine, à laquelle est ordonné le fonctionnement de la société et l’élaboration de ses lois.

De cela, aucun de nos candidats ne semble avoir conscience, pour se réfugier dans un relativisme philosophique qui stérilise toute action publique. Si aucune vérité n’est absolue, le rôle du dirigeant n’a plus aucun sens : ce qui est vrai, et bon un jour devient faux et nuisible le lendemain.

Repenser la politique, c’est donc, et avant tout, repenser l’homme et sa place dans la société. Sinon, nous irons de fausse alternance en déconvenues, sans espoir d’inverser une tendance mortifère qui conduit au déclin, puis à la mort de notre société.

 

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